• Female energy.

    Ah la journée internationale du droit des femmes, elle suscite d’année en année un engouement de plus en plus fort : les femmes, il est vrai, sont plus invitées des plateaux télés, des conférences, elles sont un peu plus représentées dans l’espace médiatique, le temps d’une journée, ou d’une semaine maintenant. Cependant, les contestations des revendications féministes vont aussi de plus belles et nous montrent, encore, que les manifestations, coups de gueule et prises de pouvoir spontanées sont plus que nécessaires. La beauté de l’édition de cette année est qu’elle coïncide peut-être avec la ratification de la convention d’Istanbul, une avancée du droit des femmes à l’échelle européenne, il paraît. J’ai assisté à une conférence intitulée « Que peut l’Europe pour les femmes ? » le 04 mars 2020 à la BNU de Strasbourg, qui présente en partie les innovations en matière d’égalité qu’elle préconise. Vous trouverez ici un tour d’horizon de mes notes.
    Petit bémol toutefois sur l’introduction de la conférence, octroyée à un homme, qui donne ensuite le relais aux expertes… et sur l’attribution des rôles dans le duo étudiant Sciences Po qui animait le débat, la jeune femme se contentant de présenter les intervenantes et de distribuer les temps de parole, alors que les questions pertinentes étaient convenablement posées par le jeune homme…
    À voir, le documentaire Arte sidérant que je cite dans mes notes : « Avortement, les Croisés Contre-Attaquent » accessible en deux parties sur Dailymotion : https://www.dailymotion.com/video/x6ic7g3.
    Image : Arte.
    J’ai eu l’occasion cette semaine encore d’apprécier les inscriptions de rue sur Polanski — césar de la Honte — la justice se fait attendre, comme l’approbation silencieuse de ses derniers défenseurs (l’industrie du cinéma surtout, qui devrait être inquiétée et faire figure basse après la condamnation exemplaire de Weinstein), pour que la voix revienne, légitimement, aux victimes.
    Je me réjouis aussi de la reprise massive du désormais hymne chilien contres les violences faites aux femmes ; « Un violador en tu camino » (Un violeur sur ton chemin), chorégraphie virale initiée par le collectif Lastesis, qui se fait une place dans les manifestations et jusqu’au parlement turc.
    Image : FranceInter.
    Et je m’indigne enfin des charges policières bestiales et totalement injustifiées menées au soir du 07 mars 2020 à Paris, veille de la journée du droit des femmes, et contraires à toutes les revendications formulées lors de cette marche nocturne pacifiste, quand bien même l’horaire de présence avait été dépassé. C’est le combat de l’égalité qui se joue dans la rue à point c’est tout, et quiconque se met sur le chemin de ces femmes dans l’expression de leur colère se fait complice des violences dénoncées. C’est ainsi que j’entends le slogan « Flic, violeur, assassin !». Image : Libération.
    Enfin, plus légère comme référence, mais j’ai été agréablement surprise par une docusérie sur le sexe disponible sur la plateforme Netflix intitulée « Sex Explained». Chaque épisode relate d’un sujet comme les fantasmes ou la contraception, et déconstruit les mythes de genres, en surface vu la courte durée de chaque volet et avec un ton amusé, mais il y a un fond de véracité scientifique et surtout du bon sens. Quelques exemples, comme l’explication du lien entre désir et fertilité, où une spécialiste ironise sur le fait qu’il n’y a pas de lien avéré entre fertilité, poitrine généreuse et joli minois, sinon, plaisante-t-elle, il y aurait majoritairement sur terre des femmes arborant tant poitrines fortes que beaux visages. Il y avait encore ces diagrammes comparant l’impact de vidéos de rapports sexuels entre différents partenaires (hétérosexuels, homosexuels, animales !) sur le désir. Les groupes d’hommes hétéro étaient attirés de façon significative par les femmes, les hommes gays davantage par les hommes. Les femmes en revanche, étaient excitées par presque tout, et on relevait simplement que les femmes lesbiennes étaient plus séduites par le coït de bonobos que par le sexe en érection d'un homme musclé se pavanant sur la plage ! Image : Netflix.