• Fessenheim, quel avenir ?

    Le 22 février 2020 s’est tenu à la librairie Kléber de Strasbourg une discussion autour du livre « Fessenheim et le dogme nucléaire français » paru aux éditions Andersen en 2019, en compagnie de ses auteurs Jean-Marie Brom, Floriane Dupré, André Hatz, Jean-Paul Klée et (sans, je crois) Olivier Larizza.

    L’entrée en matière était lourde d’émotions puisque l’un des co-auteurs, Jean-Paul Klée, exprimait avec peine la fermeté à l’égard des militants anti-nucléaire, dont il fait parti et qui le menace directement d’une tentative judiciaire de psychiatrisation. Beaucoup de personnes du public n’ont pas compris son intervention et étaient ennuyées par ce discours sensible, pourtant poignant. Le temps de parole de cet honorable monsieur — illustre alsacien de la pensée contemporaine, activiste écologique, parfois en grande précarité par manque de soutien, notamment par son exclusion de l’Éducation nationale — s’est vu interrompu par ses confrères pour ne plus impatienter la foule qui attendait des réponses concrètes quant à l’arrêt effectif du premier réacteur de la centrale, dans la nuit du 21 au 22 février. Une pétition s’opposant à son internement injustifié circule silencieusement. Quelques applaudissements et encouragements surviendront tout de même en fin de conférence, après que les esprits aient été éclairés sur la réalité de la situation vécue par J.-P. Klée. La conversation reprend à peu près ainsi, les intervenants se partageant la parole au ressenti, si l’on se fie au déroulé de mes notes.

    Ce rappel des motivations de la production et de l’implantation nucléaire en France, et en Alsace particulièrement, est suivie d’une démonstration sans appel, déconstruisant un à un les arguments pro, et levant le voile sur le ridicule de l’obstination politique en sa faveur. Mais mes frayeurs restent vives, quel futur annoncent le démantèlement, le traitement de la matière instable, et le réaménagement de ces sites morts ?