• « Il fallait trouver le responsable du complot. Au Moyen-Âge c'était la colère divine, les sorcières ou les juifs. Aujourd'hui c'est la mondialisation. »
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    Le discours exaspérant du sénateur Claude Malhuret, un très bon élève du libéralisme, suite à l'intervention d'Édouard Philippe ce lundi 4 mai 2020. Je me suis dit : « Encore un vieux patriarche qui essaye de se convaincre que le libéralisme économique n'est pas responsable des inégalités dans le monde ». Et pas plus de cette crise sanitaire. C'est vrai que le lien entre la pénurie de masques et la délocalisation des entreprises qui en produisent n'est pas à établir, et que la destruction du service hospitalier français n'a rien à voir avec les coupes budgétaires, qui ne l'ont bien sûr pas entamé... Bon à savoir, le type, qui à la base est médecin, a fondé Doctissimo avec Laurent Alexandre (cédé au groupe Lagardère en 2008) et est le directeur du développement "éthique" de l'entreprise Korian, une société française de gestion de maisons de retraite médicalisées (à but lucratif, qui est cotée en bourse et verse de beaux dividendes à ses actionnaires, pendant que la désertification du personnel soignant progresse et que leurs conditions de travail se dégradent à vitesse grand V ces dernières années...).

  • Strasbourg <—> Dakar
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    Troisième cybercabane, pas une démo cette fois, mais un projet de collaboration, une conversation à distance avec une amie, dans laquelle nous échangeons sur des sujets intimes, politiques, sur le féminisme ou sur des questions de société. La partie "privée" de ces échanges a été effacée, pour ne garder que la substance réflexive, les références à se partager. La sélection du texte permet de révéler des éléments de contexte, sans quoi seuls les médias et liens apparaissent. Une cybercabane évolutive donc, à suivre !

  • La fiction rattrapée par la réalité.
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    “The Legend of Zelda: Breath of the Wild” en mode confinement. Le masque est un objet phare dans la saga !
    Un bug du jeu ; le voile (et non le masque) de Link flotte, comme porté par une brise permanente. La tenue que revêt le personnage est censée l'infiltrer incognito dans la forteresse Gerudo, dirigée exclusivement par des Vaïs (femmes) et interdite aux Voïs (hommes). Malgré la suspension continuelle du tissu, le subterfuge prend !
    Vu dans l'anime “Sailor Moon”, épisode #21 : “Usagi's Joy: A Love Letter from Tuxedo Mask”, 1995. Ici Sailor Mars (aka Rei Hino), qui porte un masque chirurgical en mission car elle se trouve souffrante.
    Vu dans « La Colline aux Coquelicots » de Goro Miyazaki, 2012. Session de nettoyage du Quartier Latin, un foyer étudiant.
    Vu dans « Le Miracle du Saint Inconnu » (une pépite !) de Alaa Eddine Aljem, 2020. Le médecin du village s'apprête à sauver le chien du garde du mausolé, qui a été percuté par un véhicule.
    Vu dans l'épisode 1, saison 1, de la série “Upload“ (2020) créée par Greg Daniels. Scène d'ouverture dans le métro à New-York. Une série intéressante, qui pose comme paradigme de base la possibilité d'importer sa conscience dans un monde virtuel après sa mort. Elle exploite le fantasme de la vie éternelle à travers le mythe technologique.
    “The Morning Show“ de Kerry Ehrin (2019), épisode 6, « Le vent tourne », où Claire (Bel Powley), assistante audacieuse d'une major de la matinale télé américaine, distribue des masques dont le port est obligatoire sur le site où ils se trouvent. L'équipe de tournage couvre les ravages de violents incendies en Californie.
    Vu dans un épisode de “Brooklyn nine-nine“ de Dan Goor et Michael Schur (2013).
    Idem.
  • Routine de confinement
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    « Le 7e Continent » par Serious Poulp (Ludovic Roudy et Bruno Sautter), 2017.
  • « Des ordis, des souris et des hommes », un podcast très instructif sur le rapport des femmes à la technologie.
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    Victoire Tuaillon, dans son émission « Les couilles sur la table », épisode #58, produite par Binge Audio, reçoit Isabelle Collet, informaticienne, enseignante-chercheuse à l’université de Genève, et autrice de « Les oubliées du numérique » (Le Passeur, 2019).

  • « La Démo » par Étienne Cliquet, décembre 2010.
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  • “Moon Prism Power, Make Up!”
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    Parution d'une deuxième cybercabane cette semaine, autour de la transformation de l'héroïne de l'anime japonais « Sailor Moon » ! Simple transformation css VS animation originale. Attention, mieux vaut consulter la page sur son ordinateur plutôt que sur son smartphone ou sa tablette !
    L'animation en css se focalise sur les effets et non la plastique du personnage, d'où le choix d'utiliser une "div" brute. Comme je l'ai dit dans un précédent billet, je suis entrain d'écrire sur les rapports entre corps, pouvoir et technologie, plus spécifiquement dans la fiction et le jeu vidéo, avec un focus particulier sur les magical girls. Cette page constitue donc un premier élan vers la thématique.
    Hommage à toutes les Sailors que je connais (et il y en a plein) !
  • « Dérives sécuritaires et surveillance, jusqu'où irons-nous ? », communiqué de presse du FAI associatif Alsace Réseau Neutre.
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  • Female energy.
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    Ah la journée internationale du droit des femmes, elle suscite d’année en année un engouement de plus en plus fort : les femmes, il est vrai, sont plus invitées des plateaux télés, des conférences, elles sont un peu plus représentées dans l’espace médiatique, le temps d’une journée, ou d’une semaine maintenant. Cependant, les contestations des revendications féministes vont aussi de plus belles et nous montrent, encore, que les manifestations, coups de gueule et prises de pouvoir spontanées sont plus que nécessaires. La beauté de l’édition de cette année est qu’elle coïncide peut-être avec la ratification de la convention d’Istanbul, une avancée du droit des femmes à l’échelle européenne, il paraît. J’ai assisté à une conférence intitulée « Que peut l’Europe pour les femmes ? » le 04 mars 2020 à la BNU de Strasbourg, qui présente en partie les innovations en matière d’égalité qu’elle préconise. Vous trouverez ici un tour d’horizon de mes notes.
    Petit bémol toutefois sur l’introduction de la conférence, octroyée à un homme, qui donne ensuite le relais aux expertes… et sur l’attribution des rôles dans le duo étudiant Sciences Po qui animait le débat, la jeune femme se contentant de présenter les intervenantes et de distribuer les temps de parole, alors que les questions pertinentes étaient convenablement posées par le jeune homme…
    À voir, le documentaire Arte sidérant que je cite dans mes notes : « Avortement, les Croisés Contre-Attaquent » accessible en deux parties sur Dailymotion : https://www.dailymotion.com/video/x6ic7g3.
    Image : Arte.
    J’ai eu l’occasion cette semaine encore d’apprécier les inscriptions de rue sur Polanski — césar de la Honte — la justice se fait attendre, comme l’approbation silencieuse de ses derniers défenseurs (l’industrie du cinéma surtout, qui devrait être inquiétée et faire figure basse après la condamnation exemplaire de Weinstein), pour que la voix revienne, légitimement, aux victimes.
    Je me réjouis aussi de la reprise massive du désormais hymne chilien contres les violences faites aux femmes ; « Un violador en tu camino » (Un violeur sur ton chemin), chorégraphie virale initiée par le collectif Lastesis, qui se fait une place dans les manifestations et jusqu’au parlement turc.
    Image : FranceInter.
    Et je m’indigne enfin des charges policières bestiales et totalement injustifiées menées au soir du 07 mars 2020 à Paris, veille de la journée du droit des femmes, et contraires à toutes les revendications formulées lors de cette marche nocturne pacifiste, quand bien même l’horaire de présence avait été dépassé. C’est le combat de l’égalité qui se joue dans la rue à point c’est tout, et quiconque se met sur le chemin de ces femmes dans l’expression de leur colère se fait complice des violences dénoncées. C’est ainsi que j’entends le slogan « Flic, violeur, assassin !». Image : Libération.
    Enfin, plus légère comme référence, mais j’ai été agréablement surprise par une docusérie sur le sexe disponible sur la plateforme Netflix intitulée « Sex Explained». Chaque épisode relate d’un sujet comme les fantasmes ou la contraception, et déconstruit les mythes de genres, en surface vu la courte durée de chaque volet et avec un ton amusé, mais il y a un fond de véracité scientifique et surtout du bon sens. Quelques exemples, comme l’explication du lien entre désir et fertilité, où une spécialiste ironise sur le fait qu’il n’y a pas de lien avéré entre fertilité, poitrine généreuse et joli minois, sinon, plaisante-t-elle, il y aurait majoritairement sur terre des femmes arborant tant poitrines fortes que beaux visages. Il y avait encore ces diagrammes comparant l’impact de vidéos de rapports sexuels entre différents partenaires (hétérosexuels, homosexuels, animales !) sur le désir. Les groupes d’hommes hétéro étaient attirés de façon significative par les femmes, les hommes gays davantage par les hommes. Les femmes en revanche, étaient excitées par presque tout, et on relevait simplement que les femmes lesbiennes étaient plus séduites par le coït de bonobos que par le sexe en érection d'un homme musclé se pavanant sur la plage ! Image : Netflix.
  • La crue; l’Ill, comme la rue, déborde...
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  • Batman!
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    Nouvelle technique de tissage : Peyote !
  • Gimme The Light!
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    Vu place de la République.
    Rue de la Lanterne.
  • Déception au MAMCS, refuge à la bibliothèque.
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    Seules deux pièces ont attiré mon attention dans l’exposition Joyeuses Friction au Musée d’Art Moderne Contemporain de Strasbourg. Je me réjouissais du renouveau que j’attendais de cette exposition dans la collection du musée, mais j’ai été assez déçue face à ce énième recyclage de pièces, tout juste réagencées, selon une nouvelle scénographie (et en disant cela je ne veux en aucun cas minimiser le travail scénographique, sans doute colossal pour un espace comme celui-là) qui classe les œuvres par sections, et certes, confronte les époques, les styles, etc. mais pour quelqu’un comme moi, qui met très rarement les pieds au Musée d’Art Moderne, avoir l’impression d’avoir vu les mêmes pièces qu’il y a 10 ans, c’est fort ennuyeux… D’autant plus que l’autre exposition, Regard sur la scène indienne contemporaine, pleine de promesses dans le titre, n’a eu qu’un minuscule espace à investir (deux petites pièces), et quelques événements autour de la musique, de la danse et de la photographie, encore plus déceptif donc. J’ai néanmoins trouvé mon bonheur dans les livres, de quoi en prendre plein les mirettes.
    Ci-dessus : Ange Leccia, « La Mer », vidéo, 1991.
    Gilles Aillaud, « Python », huile sur toile, 1975.
    Image : Éditions 2024 (ma photographie était floue :O).
  • Clique-moi si tu peux !
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    J'ai mis en ligne une cybercabane, a priori, première d'une longue série. Comme je l'ai indiqué dans un précédent article, j'aimerai réaliser une collection de pages web, sur le mode de la démo (un article à paraître, plus fourni et documenté sur la question de la démo, est en cours d'écriture), sans lien particulier entre-elles si ce n'est la liberté de ton ou le caractère expérimental. Ces pages bricolées se retrouveront néanmoins dans un même répertoire, que j'ai déjà initialisé sur mon serveur à l'adresse suivante : http://marjorieober.com/cybercabanes/.

    Dans cet épisode, il s'agit d'un dialogue entre plusieurs boutons HTML qui dégénère. Voici le lien pour y accéder. À suivre, dans les prochaines publications : l'esthétique du tableau, des formulaires absurdes, une page hommage à l'anime Sailor Moon, un site "invisible", à imaginer, sur lequel on naviguerait avec un lecteur d'écran. Des textes aussi en prévision, accompagnant peut-être certaines mises en œuvre web ; un essai critique sur l'idée de « prendre soin », inhérente à l'intelligence féminine et à l'écologie sociale, un autre sur les Magical girls et le rapport du corps au pouvoir, ou encore sur la relation féminisme-technologie, en particulier l'émancipation des minorités, de et par la technologie. Bonne visite :)

  • Fessenheim, quel avenir ?
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    Le 22 février 2020 s’est tenu à la librairie Kléber de Strasbourg une discussion autour du livre « Fessenheim et le dogme nucléaire français » paru aux éditions Andersen en 2019, en compagnie de ses auteurs Jean-Marie Brom, Floriane Dupré, André Hatz, Jean-Paul Klée et (sans, je crois) Olivier Larizza.

    L’entrée en matière était lourde d’émotions puisque l’un des co-auteurs, Jean-Paul Klée, exprimait avec peine la fermeté à l’égard des militants anti-nucléaire, dont il fait parti et qui le menace directement d’une tentative judiciaire de psychiatrisation. Beaucoup de personnes du public n’ont pas compris son intervention et étaient ennuyées par ce discours sensible, pourtant poignant. Le temps de parole de cet honorable monsieur — illustre alsacien de la pensée contemporaine, activiste écologique, parfois en grande précarité par manque de soutien, notamment par son exclusion de l’Éducation nationale — s’est vu interrompu par ses confrères pour ne plus impatienter la foule qui attendait des réponses concrètes quant à l’arrêt effectif du premier réacteur de la centrale, dans la nuit du 21 au 22 février. Une pétition s’opposant à son internement injustifié circule silencieusement. Quelques applaudissements et encouragements surviendront tout de même en fin de conférence, après que les esprits aient été éclairés sur la réalité de la situation vécue par J.-P. Klée. La conversation reprend à peu près ainsi, les intervenants se partageant la parole au ressenti, si l’on se fie au déroulé de mes notes.

    Ce rappel des motivations de la production et de l’implantation nucléaire en France, et en Alsace particulièrement, est suivie d’une démonstration sans appel, déconstruisant un à un les arguments pro, et levant le voile sur le ridicule de l’obstination politique en sa faveur. Mais mes frayeurs restent vives, quel futur annoncent le démantèlement, le traitement de la matière instable, et le réaménagement de ces sites morts ?